Banque extérieure d’Algérie (BEA)

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Fondée en 1967, la Banque extérieure d’Algérie (BEA) par abréviation, avait pour mission de servir les grandes entreprises énergétiques et industrielles algériennes, mais avec le temps, la Banque a pu se construire, se développer et se diversifier.

Présentement, cinquante-trois ans après sa création, la BEA, de l’avis même de ses partenaires, est considérée comme l’un des premiers établissements financiers tant au niveau du Maghreb que d’Afrique grâce à ses six filiales en nationales et Internationales et ses 3 444 collaborateurs.  Et comme l’on ne se contente pas du peu à la BEA, le pari d’être partout, pour tous, a été remporté haut la main. Avec ses 11 directions régionales, la BEA compte 101 agences, 1.793.000 comptes clients mettant à la disposition de ces derniers quelques 150 guichets automatiques.

« Initialement prévue pour servir les grandes entreprises énergétiques et industrielles algériennes, l’institution financière a réussi, au fil des années, le pari de devenir une banque universelle et à diversifier son portefeuille », se félicite son président directeur général Lazhar Latreche, nommé à ce poste en décembre 2019.   Fruit du hasard ? Assurément pas. Ainsi, afin de répondre aux attentes de ses clients (plus d’un million) d’une part, et de se mettre au diapason des banques internationales et des nouvelles technologies monétiques, la BEA a lancé un vaste programme de modernisation et d’instauration de nouveaux modes de gestion et ce à travers : le Projet de l’implémentation d’un système d’information centralisé mené avec l’accompagnement de cabinets internationaux, l’acquisition de solution de« filtrage et de profilage » des opérations de la clientèle dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le développement de la monétique dans son volet international, notamment avec la formalisation d’un partenariat stratégique BEA-Mastercard. En partenariat avec Mastercard, leader mondial dans le secteur du paiement électronique, la BEA a en effet, lancé une gamme de solutions de paiement en direction des consommateurs et des entreprises. Par cette action, la BEA devient la première banque algérienne à commercialiser certaines cartes Mastercard, un produit accessible aux clients détenteurs d’un compte en devises.

Cette prestation est également bénéfique pour les voyageurs du Hadj, la Omra, et les touristes algériens qui pourront ainsi avoir des cartes prépayées, à la fois sécurisées, simples et pratiques.

La nouvelle offre comprend une gamme complète de produits entreprise à savoir Business et World Business. Il s’agit de deux cartes, la Mastercard Elite et la World Elite Mastercard.

Il s’agit d’offres uniques en Algérie, voire même en Tunisie et au Maroc.

Le choix de Mastercard pour la BEA s’explique par l’importance du portefeuille clients de la banque en comptes devises, ainsi que l’expérience qu’elle comptabilise en matière de système de paiement surtout dans le domaine de la monétique. Une expérience de plus d’une trentaine d’années.

Pour rappel, un contrat a été signé entre les deux organismes en février 2018, pour structurer l’activité monétique.

Á travers ce contrat, Mastercard accompagnera la BEA sur le plan financier et fonctionnel.

En plus de l’émission des cartes de paiement, Mastercard a pour mission d’aider la banque à définir une stratégie digitale, exigée par les pouvoirs publics. En fait, c’est un projet structurant qui s’étalera sur cinq années, avec une action plus concentrée durant la première année.

Le contrat prévoit de mettre sur le marché une centaine de millier de cartes de paiement en devises. Pour la circonstance, et afin de fidéliser ses relations, et attirer la clientèle importante de la BEA, Mastercard a offert gratuitement 300 000 cartes à la BEA.

Nouveaux modes de gestion, nouvelle ère

La BEA peut se targuer d’être la première banque algérienne à avoir procédé au paiement par internet de l’impôt, par le biais du système Djibayatic, introduit au début de l’année 2017.

Ainsi, nos entreprises procèdent au paiement de leurs impôts à partir du site de la BEA. En outre, la BEA a entrepris d’autres actions dont la finalité est de mettre en place un dispositif permettant à sa clientèle éligible de vendre son produit sur internet, grâce à la carte de paiement CIB. Une opération mise en œuvre sous forme de prestation de service de paiement interbancaire en ligne, qui assure une sécurisation de paiement sur des serveurs sécurisés.

Á ce niveau, la BEA a signé déjà certains contrats avec des web-marchands.

Dans le même ordre d’idées, la banque a eu le préaccord du Groupement d’intérêt économique de monétique (GIE Monétique), pour trois relations avec Sonatrach, l’Algérienne des assurances, et Aigle Azur, « pour procéder au paiement par internet ».

Rappelons également que la BEA utilise le service « American Express » comme carte du crédit en devise. « Avec la promulgation du projet de loi sur le commerce électronique (e-commerce), nous encourageons les entreprises nationales à produire des terminaux de paiement électroniques (TPE), afin de doter un peu plus d’un million de commerçants algériens, du fait que la loi oblige, désormais, les commerçants à se doter des TPE afin d’améliorer les systèmes du paiement par la carte CIB.

Á cet effet, la BEA a, dans une première phase, effectué une première commande, au mois du janvier 2018, pour l’acquisition de 1200 TPE.

Toujours dans le cadre des opérations portant sur sa modernisation, il convient de souligner que la BEA dispose également de son propre switch (multi-bancarisation) et travaille avec la Satim (Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique).

La BEA s’est dotée également d’un système de personnalisation des cartes. C’est la seule banque disposant de ce système, en l’occurrence la Mastercard.

Au lieu de faire commander ses cartes à l’étranger, la Banque a acquis tout l’équipement nécessaire ce qui lui permet de ce fait, « de fournir à sa clientèle une carte Mastercard sur place ».

Dans le même contexte, le PDG de la BEA a rappelé que plusieurs projets ont été lancé et ou réalisés notamment le projet d’« acquisition d’un global banking centralisé », qui constitue aux dires de Lazhar Latreche, un projet « névralgique, majeur et stratégique » qui permettra à moyen terme « la mise en place d’un système d’information centralisé adapté aux besoins spécifiques de la banque ».

Dans ce cadre, l’année 2018 a été marquée par la poursuite du programme de transformation et de la refonte par la BEA de son système d’information.

Par ailleurs, la BEA, explique son premier responsable, s’est entourée de meilleures garanties de réussite dans la mise en place de ce système d’information piloté par ses propres compétences en collaboration avec un cabinet de renom.

« Ce nouveau système d’information est orienté vers la clientèle et apportera plus de simplicité et de sécurisation au quotidien à travers des transactions informatisées et sécurisées en temps réel dans n’importe quelle agence BEA », s’est félicité notre interlocuteur. 

Une clientèle diverse et diversifiée

Dédiée à l’origine au financement du secteur des hydrocarbures, la BEA a réussi ces dernières années à diversifier son portefeuille clients à travers le financement des grandes entreprises et des PME, dont le financement à presque doublé durant cette période. Ainsi, la BEA compte parmi sa clientèle les entreprises étatiques relevant des industries lourdes, les entreprises du secteur agro-industriel, du tourisme, d’emballage, de l’industrie pharmaceutique, de l’agriculture, ainsi que les structures médicales chirurgicales de dernière génération, sans oublier les jeunes porteurs de projets innovants dans le domaine des TIC et des énergies renouvelables.

Aujourd’hui, la BEA ne se limite pas uniquement au financement de l’énergie, qui représente 30% du portefeuille de la BEA, et de l’industrie, deux secteurs exclusifs de la BEA. Elle finance également plusieurs projets dans d’autres secteurs d’activités, conformément aux orientations des pouvoirs publics. Le développement rapide de la BEA lui a permis ainsi de devenir un acteur incontournable sur la place financière.

Elle avait par le passé, financé les raffineries-pétrochimie, les méthaniers pour le transport à l’international des hydrocarbures.

Dans le secteur de la sidérurgie, la BEA a injecté plus d’un milliard de dollars dans les caisses du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. La BEA participe également avec la BNA au financement des projets de la Sonelgaz, pour un peu plus de 500 milliards de dinars, soit 5 milliards d’euros. Ainsi, la quote-part du marché de la BEA ne cesse de croître.

Il y a lieu de souligner que le groupe GICA est financé pratiquement à 99% par la BEA. En outre, toutes les cimenteries du secteur public sont clientes au niveau de la BEA. Par ailleurs, la BEA finance le secteur du tourisme à hauteur de plus de 100 milliards de dinars. En 2017, à titre illustratif, vingt-quatre mille milliards ont été alloués pour financer des projets d’investissement en Algérie.

Le capital humain, clé de la réussite

Le processus de modernisation entrepris par la BEA, a également touché le capital humain. Pour ce faire, la BEA qui dispose de sa propre école, avec une agence virtuelle, a de tout temps misé sur une qualification de premier plan à ses collaborateurs afin de répondre « efficacement au client et le mettre au centre d’intérêt de la banque ». La banque ne lésine pas sur les moyens afin d’améliorer le taux d’encadrement de sa ressource humaine. « Elle accorde un intérêt particulier à la formation de ses collaborateurs. Pour preuve : ils ont bénéficié d’un programme complet de formation externe qualifiante et diplômante (en national et à l’étranger) », assure sur ce ce point précis le PDG de la BEA qui, en chiffres, a révélé que la proportion de la catégorie « cadres » dans les effectifs, a connu une évolution significative ces dernières années, passant de 2474 cadres 2016 à 2641 cadres à fin 2018 soit une augmentation de 6,7%. 

Au titre de l’exercice 2018, 1792 collaborateurs ont été formés pour un budget global de 47,5 millions de dinars. En outre, la formation en interne a connu au cours de la même année la programmation de 19 thèmes assurés en 95 regroupements et 245 jours de formation touchant l’ensemble des compartiments de l’activité bancaire au niveau de son propre site de formation. « Le développement de la ressource humaine et sa qualification requièrent en permanence, une politique de formation adaptée et ajustée, en fonction des objectifs, de la stratégie de la banque et de l’évolution de la place bancaire en matière d’exigence de nouveaux métiers », note encore son premier responsable. La ressource humaine de la BEA se caractérise par son dynamisme, son dévouement, et sa culture d’entreprise ainsi que sa diversité et son égalité professionnelle.

Une banque « sûre »

Le système de contrôle  interne de la BEA, s’inscrit dans le cadre légal et réglementaire applicable aux banques et aux établissements financiers, découlant notamment de l’ordonnance n°03-15 du 25 octobre 2003, portant approbation de l’ordonnance n°3 du 26 août 2003, relative à la monnaie et au crédit, et du règlement de la Banque d’Algérie n° 08 du 28 novembre 2011, relatif au contrôle interne des Banques et établissements financiers, notamment dans son article 7, qui prévoit en particulier la mise en place d’un système de contrôle des opérations et des procédures internes, comprenant :

-un contrôle permanent de la conformité, de la sécurité et de la validation des opérations réalisées, ainsi que du respect de toutes les orientations, instructions, procédures internes et diligences arrêtées par la Banque, notamment celles liées à la surveillance des risques associés aux opérations ;

– un contrôle périodique de la régularité et de la sécurité des opérations, du respect des procédures internes, de l’efficacité du contrôle permanent, du niveau de risque encouru, enfin de l’efficacité et du caractère approprié des dispositifs de maitrise des risques de toute nature.

Pour répondre à ces exigences réglementaires, la BEA a articulé son système de contrôle interne autour :

-d’une fonction responsable du contrôle périodique (Direction de l’Inspection générale) qui mène des travaux d’inspection générale, d’évaluation et de contrôle sur toutes les activités de la Banque ;

-d’une fonction responsable du contrôle permanent (Direction des risques et du contrôle permanent), en charge de la surveillance de l’ensemble des risques de la banque, à travers des structures et entités chargées de contrôler en permanence la conformité et la sécurité des opérations et de veiller à l’efficacité des dispositifs de maîtrise et de surveillance des risques de la Banque.

Chiffres à l’appui

Á la BEA, l’on ne se contente pas uniquement de « dire », mais les résultats obtenus durant l’exercice 2018, témoignent de l’efficacité de la stratégie adoptée. Durant l’exercice 2018, la BEA a en effet, accentué son action de développement conforme aux objectifs arrêtés dans le Plan triennal 2017-2019. Au plan de l’activité commerciale, la Banque a orienté ses actions dans la collecte de l’épargne, le développement et la promotion des produits monétiques ainsi que la bancarisation de nouvelle clientèle et la densification du réseau d’agences. En matière de collecte de ressources, la BEA s’est orientée vers la diversification de sa clientèle en vue d’anticiper la contraction des recettes des hydrocarbures. Ainsi, les secteurs émergents et certains segments de l’économie ont contribué à réduire le déficit en matière des revenus émanant des hydrocarbures. En effet, la baisse des ressources des hydrocarbures, à partir de 2014, a été compensée par l’évolution des ressources des autres segments tels que certaines entreprises relevant des secteurs traditionnels du portefeuille de la Banque (cimenteries, assurances) et les autres secteurs émergents (métallurgie, sidérurgie, fertilisants). Dans ce cadre, les ressources globales (dinars et devises) de la banque ont connu une évolution à la fin de l’exercice 2018 estimée à 2% ( 58,4 Milliards de dinars) par rapport à l’année d’avant (31 décembre 2017) et ce, malgré une conjoncture économique difficile. Cette tendance progressive a été enregistrée aussi bien pour les dépôts en dinars qu’en devises. Ainsi, les avoirs en dinars ont connu un écart positif de 27,4 milliards de dinars, passant de 2 423,6 milliards de dinars à 2 451,1 milliards de dinars au 31 décembre 2018. En matière d’ouverture de compte, le taux de bancarisation a progressé, au 31 décembre 2018, de 4% en enregistrant l’ouverture de près de 65 000 nouveaux comptes, contre 33 000 comptes à fin 2017.  Il est à relever que la commercialisation de la carte Mastercard qui exige l’ouverture d’un compte dépôt et d’un compte en devises a boosté cette performance. Par ailleurs, la hausse constatée au nombre de comptes a entraîné une évolution conséquente de la vente des cartes CIB. 500 000 cartes ont d’ailleurs été délivrées à fin 2018. De plus, la propagation des services e-paiement et l’installation des TPE ont encouragé la vente de ces moyens de paiement.

Une progression de 16% a été enregistrée en matière de vente de cartes CIB, ce qui a permis d’atteindre les objectifs à hauteur de 107%. L’exercice 2018 a été également marqué par l’ouverture de l’agence Blida II, l’achèvement des travaux d’aménagement de l’agence Oran-Zabana, le lancement du chantier de réalisation de la nouvelle agence de Tipaza, la relance du chantier d’aménagement de l’ancienne Agence de Sidi Bel Abbés, le parachèvement des travaux de l’aménagement de l’agence 44 Annaba et en fin,  la relance du chantier portant aménagement de l’Agence Amirouche (Alger) après le transfert des activités de la Caisse principale vers le site Zighout Youcef (Alger).  Á fin 2018, la BEA comptait 101 Agences. « Les actions de modernisation et d’extensions, s’inscrivent en droite ligne avec les objectifs stratégiques de la banque notamment de proximité et d’améliorations des prestations de services à destination de sa clientèle », assure à ce propos le P-DG de la BEA, Lazhar Latreche.

 F. H.

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